Quelles projections économiques pour la France ?

Quelles projections économiques pour la France ?

Les entrepreneurs doivent, au quotidien, rester informés sur les projections économiques nationales. En effet, ces études et statistiques permettent de comprendre le présent tout en anticipant l’avenir. Vous souhaitez avoir un panorama complet de la situation économique en France ? Cet article fait le point sur les éléments optimistes et les risques actuels et futurs portant sur la France.

L’apport des projections économiques

La réalisation, par différents organismes, de projections économiques va permettre aux agents de se positionner. En effet, ces études ont comme intérêt d’anticiper des situations favorables ou défavorables. L’année 2020 fait entrer l’économie française dans une forte période d’incertitude. Jusqu’à présent, les prévisions de croissance du PIB, en France, s’inscrivaient dans une fourchette relativement réduite. Certaines années, l’incertitude ne portait que sur des dixièmes de points de croissance.

La difficulté réside donc dans le caractère profondément imprévisible de la crise sanitaire. En effet, les spécialistes (qu’ils soient économistes ou médecins) ne parviennent pas à indiquer une date de fin de l’épidémie. Ce contexte contraste avec une crise financière classique dont on sait qu’elle peut durer plusieurs mois à plusieurs années. Néanmoins, malgré le flou actuel, il existe des raisons de garder un certain optimiste vis-à-vis de la situation économique actuelle.

L’impact réel de la crise économique en France

La Banque de France a publié une note de conjoncture fin octobre 2020. Cette analyse comporte un certain nombre d’informations qu’il est essentiel de mettre en perspective.

Le niveau de trésorerie

Ainsi, en prenant plusieurs critères objectifs, la situation en 2020 reste meilleure que durant la crise financière de 2008-2009. À titre d’exemple, le niveau de trésorerie des entreprises industrielles était tombé plus bas en 2009 et il avait fallu attendre l’année 2010 pour constater un redressement.

A contrario, les services marchands ont beaucoup plus souffert et gardent un niveau de trésorerie relativement bas. Il convient, toutefois, de souligner que le secteur des services marchands regroupe une réalité contrastée marquée par des différences notables :

  • Certains secteurs sont presque à 100 % de leur activité normale en octobre et en novembre 2020. Il s’agit des métiers de l’édition, du transport, des activités juridiques et comptables ou encore des services d’information.
  • D’autres secteurs sont en souffrance avec une baisse drastique de leur activité. Il s’agit des domaines concernés par les fermetures administratives lors du couvre-feu d’octobre ou du confinement de novembre. On compte alors les activités de loisirs, les restaurants, l’hébergement ou certains services à la personne.

 

L’état des commandes

Sur d’autres critères, la situation apparaît également comme étant moins problématique qu’en 2008-2009. Les secteurs du bâtiment et de l’industrie ont, évidemment, connu une baisse brutale de leur carnet de commandes durant le confinement du printemps 2020. Néanmoins, cette baisse a été extrêmement limitée dans le temps. En 2008-2009, la baisse des commandes a été plus marquée et a duré plus longtemps. En outre, il convient de préciser que ces secteurs n’ont pas été mis à l’arrêt durant le second confinement d’automne.

L’industrie se situe, quasiment, au-delà de 90 % d’activité en comparaison d’une situation normale. Le bâtiment, que ce soit le Gros Œuvre ou le second œuvre, se retrouve dans la même situation plutôt favorable avec plus de 95 % d’une activité normale.

Les risques et menaces pour l’économie française

Les projections économiques en cours en France demeurent donc problématiques sans être fondamentalement dramatiques. Néanmoins, la situation pourrait rapidement empirer si un ensemble de paramètres défavorables venait à se mettre en place :

  1. La poursuite de la progression épidémique. La survenue d’une troisième vague de contaminations en France, durant les mois de janvier et février, pourrait se montrer fatale à un ensemble de petits commerces et d’entreprises.
  2. La baisse de la confiance. Une vague de faillite et une montée du chômage auraient des répercussions multiples. Ainsi, de nombreux ménages connaîtraient une baisse de confiance, réduisant l’envie de consommer. L’augmentation du chômage, quant à lui, diminuerait également le pouvoir d’achat d’une partie non négligeable de foyers français.
  3. La mise à l’arrêt de secteurs porteurs. Il s’agirait alors d’une deuxième vague de faillites. La mise à l’arrêt de poumons de l’économie pourrait provoquer un tsunami économique d’ampleur. Dans cette situation, les acteurs économiques français connaîtraient un appauvrissement général.

 

Les opportunités pour les consultants

Dans ce contexte, les consultants indépendants ont une vraie carte à jouer. En effet, plusieurs raisons expliquent cet état de fait :

  • La crise économique vient ralentir les investissements de grande ampleur. Ces dépenses, dont une partie conséquente est du ressort des collectivités locales, s’adressent plutôt aux grandes entreprises. Ces dernières risquent alors de connaître une baisse de leurs commandes auprès de partenaires historiques.
  • Le manque de visibilité favorise les prestataires en « one-shot ». Dans ce contexte, les professionnels indépendants peuvent se positionner plus facilement et combler des besoins temporaires d’entreprises.

Un professionnel indépendant peut aussi compléter sa stratégie en ciblant plus précisément les secteurs porteurs proches de ses compétences et expertises.

Dans certains secteurs, l’arrêt de l’activité et les perspectives inquiétantes peuvent inciter les salariés à choisir l’entrepreneuriat. Ce passage vers une activité indépendante peut aider certains professionnels à forger leur carrière en s’ouvrant à de nouveaux horizons. Cela vient alors renforcer l’employabilité des personnes concernées.

En conclusion

La crise sanitaire reste, profondément, d’ordre conjoncturel. En effet, les ménages conservent des moyens de consommer. D’ailleurs, l’économie a connu une période très positive durant l’été 2020 à la fin du confinement de mars.

En effet, la Banque de France évalue la croissance du pays à +18 % pour le 3e trimestre 2020. En parallèle, le même institut souligne la diminution des défaillances d’entreprises entre septembre/octobre de l’année 2019 et de l’année 2020. Ainsi, on assiste à une diminution de près de 30 % des défaillances sur 2020. Ce chiffre vient conforter l’idée d’une prise en charge plutôt efficace des effets de la crise par les pouvoirs publics.

La question porte sur les effets à moyen et long terme d’une crise temporaire. La fermeture de PME ou de petits commerces pourrait changer en profondeur le visage de l’économie française. Dans ce contexte, et en faisant preuve d’agilité et de polyvalence, les professionnels indépendants ont une carte à jouer.

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