Crise économique : un retour en grâce du CDI ?

Crise économique : un retour en grâce du CDI ?

Durant l’automne 2020, les études économiques prédisent une augmentation importante du chômage en France. Ces pertes massives d’emplois vont-elles avoir une influence sur les choix de carrière ? Va-t-on assister au retour en grâce du CDI, jusqu’ici de moins en moins attractif par rapport à l’entrepreneuriat ? Éléments de réponses et d’analyse dans cet article.

Les conséquences de la crise sanitaire en France

Les mesures de restriction mises en place dans le cadre du coronavirus vont avoir des effets indéniables sur l’économie française. Si, dans un premier temps, le dispositif du chômage partiel a permis de « geler » la situation, la dégradation sur le front de l’emploi risque de se ressentir rapidement.

En effet, de nombreuses entreprises n’ont pas mis en place de plan de licenciement durant le confinement dans la mesure où les rémunérations étaient « subventionnées » par l’État. Néanmoins, depuis le début de l’été 2020, les aides aux entreprises se sont réduites. Dès lors, de nombreux secteurs vont connaître une baisse d’activité qui va fatalement se traduire par des destructions d’emplois.

Dans cette configuration, la situation de l’emploi en France peut se dégrader rapidement entre les nouveaux chômeurs et l’arrivée des jeunes diplômés. La crise économique va alors générer un effet ciseaux où la réduction du nombre d’emplois va se combiner avec une hausse des candidats potentiels.

Les effets visibles de la crise économique

L’INSEE a publié, début septembre 2020, les premiers chiffres inquiétants en France. Ainsi, le pays a connu une destruction nette d’emplois de 215 000 unités. L’ensemble des secteurs connaissent une baisse à l’exception de la construction et des travaux publics. Par ailleurs, les emplois dits publics concernent près d’un quart des destructions évaluées.

Néanmoins, les études économiques s’accordent à dire que la crise économique de l’année 2020 reste toutefois profondément différente de celle de 2008-2009. En effet, les spécialistes considèrent que la France va de nouveau connaître des créations d’emplois d’ici fin 2021. Ainsi, la visibilité reste bien meilleure qu’en 2008-2009 où personne n’était en mesure d’indiquer une date de reprise d’activité. Cette visibilité ne va alors pas nécessairement jouer en faveur d’une ruée vers les CDI.

À ce titre, la croissance économique française devrait donc rebondir dès le troisième trimestre 2020 selon l’INSEE. Il est malgré tout nécessaire d’attendre plusieurs mois avant de voir les effets de la reprise d’activité sur les créations d’emplois. Cette reprise économique risque donc d’inciter les professionnels à rester dans leur branche professionnelle et choisir des options temporaires le temps que l’activité reprenne.

Il convient également de préciser que le taux de chômage risque de remonter aux alentours de 9 à 10 %. Ce niveau reste toutefois à relativiser dans la mesure où la France a déjà connu, en 2012-2013, des taux similaires voire plus élevés.

Penser son parcours professionnel en temps de crise

Comme nous l’avons vu plus haut, la crise économique de 2020 apparaît presque comme étant artificielle. Elle est le fruit de décisions sanitaires et porte en elle une date de fin située durant l’année 2022.

Dans ce contexte, il devient plus facile de penser son parcours professionnel lorsque l’on est en mesure d’identifier le moment de la reprise économique. Ainsi, les professionnels ont trois possibilités qui s’offrent à eux.

Le choix de la sécurité totale

Certains professionnels, par crainte de l’évolution de l’économie française, vont vouloir se réfugier dans un CDI. Or, cette crise économique étant particulière, le CDI ne fait pas nécessairement office de protection ultime. En effet, de nombreuses entreprises vont supprimer des emplois ou faire faillite sans garantie pour ce type de contrat.

D’ailleurs, un sondage de 2019 proposé par Harris Interactive évaluait à 56 % la part de jeunes souhaitant une stabilité professionnelle. Ce besoin risque donc de se maintenir pour cette catégorie, indépendamment de la crise actuelle.

La stratégie du « gain de temps »

Cette possibilité reste intermédiaire et permet de gagner du temps durant la crise économique. Certains vont alors combiner les CDD et missions courtes pour traverser la période sans craindre un licenciement.

Le démarrage d’une activité totalement libre

Enfin, certains professionnels vont profiter de la crise pour enclencher une activité indépendante. L’entrepreneuriat peut être une solution permettant de repenser son plan de carrière.

Les pertes d’emplois dans l’ensemble des secteurs peuvent, paradoxalement, inviter certains à la reconversion professionnelle. En effet, l’absence de secteurs moteurs peut aussi déculpabiliser ceux qui n’osaient pas entreprendre en temps normal.

Découvrir le portage salarial pour son activité

Le portage salarial possède de nombreux avantages en temps de crise économique et de destruction d’emplois. En effet, les employeurs et les entreprises peuvent avoir des réticences et des freins pour recruter du personnel. Ces obstacles surviennent alors autant pour des contrats courts (CDD, Intérim…) que pour des contrats longs type CDI.

Dans ce cadre, le recrutement peut se faire « à la mission ». L’entreprise concernée ne va solliciter un professionnel que pour un besoin précis et limité dans le temps. Le portage salarial facilite ce type de relation commerciale et apporte un encadrement juridique solide.

Par ailleurs, le portage salarial comporte de nombreux atouts non négligeables :

  • Il est possible de cumuler ce statut en étant étudiant. Ainsi, le portage salarial peut convenir aux jeunes diplômés souhaitant profiter de cette année particulière pour prolonger leurs études et acquérir de nouvelles compétences. Cet apprentissage n’empêche pas de s’exercer professionnellement avec des clients.
  • La rémunération est encadrée et donne accès à des droits pour la retraite. Ainsi, le travail réalisé durant cette année peut être comptabilisé dans un plan de carrière. Il n’y a pas de « trous » obligeant les professionnels à repousser leur départ à la retraite.
  • Le choix des horaires et du lieu de travail reste libre. Dans ce contexte, certains professionnels en portage salarial peuvent travailler dans des espaces sûrs d’un point de vue sanitaire. Il n’y a pas d’obligation à se conformer à un environnement où des collègues peuvent se transmettre le virus. Une étude OpinionWay datant de juin 2020 souligne d’ailleurs que 55 % des salariés souhaitent davantage télétravailler.

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