Portrait de Naïma

Témoignage de Naïma: « être freelance est la meilleure solution pour mon avenir professionnel! »

Notre génération est parait-t’il, une « génération sacrifiée » du point de vue de l’emploi, si l’on en croit nos parents et les médias… Il est vrai qu’ils appartiennent à une génération, celle du baby-boom d’après-guerre, qu’on a appelée les « 30 glorieuses ». Mais cette période dorée est comme un ovni pour les jeunes d’aujourd’hui qui ne la connaîtront plus jamais : un chômage quasi-inexistant, une sécurité matérielle et un avenir tout tracé jusqu’à la retraite.

les jeunes nés après 1975 et au début des années 1980 eux, ont plutôt eu droit aux « 30 calamiteuses » (et même plus) si l’on se place du point de vue d’un salarié qui ferait toute sa carrière dans la même entreprise comme nos parents et grands-parents. Mais est-ce vraiment le genre d’avenir dont rêvent les jeunes dans la France de 2018 ? La société a bien changé depuis la fin des années 70…Et si c’était plutôt de se réaliser personnellement et professionnellement, dans son activité, en étant à son compte ?

Pour témoigner de ce changement de paradigme dans la jeunesse, faisons connaissance avec Naïma, ancienne DRH qui a changé de voie pour devenir indépendante.

Bonjour Naïma, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Avec plaisir ! Je m’appelle Naïma, j’ai 30 ans et je suis issue d’une famille d’immigrants marocains arrivée en France en 1969. Je suis née en 1988 à Sarcelles. Mes parents se sont battus pour que je fasse des études,  et à 24 ans, grâce à mes bons résultats scolaires, j’ai intégré une école de management et je suis sortie deuxième de ma promo. Après mes études, je suis partie en voyage en Angleterre avec 3 amis et à mon retour, l’un d’entre eux, qui bossait chez dans une grande entreprise agroalimentaire a transmis mon C.V. à la Direction, et on m’a proposé un poste d’assistante du DRH. Ils étaient en pleine période de recrutement et plusieurs directeurs  étaient issus de mon école…J’ai donc eu un énorme coup de chance ! On peut dire que j’ai suivi un parcours plutôt classique de jeune diplômée.

Racontez-nous un peu votre parcours…

Je suis quelqu’un qui a une forte personnalité. Mes parents étaient assez autoritaires et m’ont élevée parmi une fratrie de 4 frères et sœurs. Mon père rentrait tard le soir de son travail, et était assez peu présent à la maison. Du coup, ce sont mes deux frères qui s’occupaient de nous. Chacun avait son rôle dans ma famille, et moi j’aidais ma petit soeur à faire ses devoirs… Dès l’âge de 12-13 ans, j’avais déjà des responsabilités, je pense que ça a façonné ma personnalité.

Pourquoi êtes-vous devenue DRH ? Comment ça s’est passé dans cette entreprise agroalimentaire ?

Quand on grandit dans une cité, les filles ont tendance à se construire une carapace, à jouer les garçons manqués, histoire de se protéger et de se faire respecter. A 17 ans, j’ai intégré une bande de filles et c’était moi qui dirigeais la bande…J’avais déjà le management dans le sang ! Diriger, donner des ordres, c’était quelque chose de naturel pour moi. Quand je suis entrée dans le monde du travail, j’ai découvert une réalité que je n’imaginais pas, mais pas différente de la violence des cités.

Après deux ans de bons et loyaux services comme assistante R.H., on m’a fait comprendre que si je voulais avoir le poste de DRH, il fallait que je glisse une peau de banane à mon chef. Finalement, il a eu une promotion au siège du groupe et j’ai été promue à sa place sans devoir lui faire une crasse.

Vous savez, quand vous travaillez dans les R.H, vous êtes bien placée pour connaître tous les petits secrets des entreprises et surtout leurs pratiques les plus inhumaines. J’ai découvert la violence des rapports sociaux dans le monde du travail, surtout quand on te demande de virer des personnes que tu apprécies et qui font bien leur travail.

Alors oui, si j’aimais mon boulot, ce qu’on me demandait de faire à fini par entrer en conflit avec mes valeurs et j’ai fini par détester la façon dont j’exerçais mon métier. Un jour, j’ai dû annoncer à une collègue du service marketing qu’elle était virée et qu’elle devait prendre toutes ses affaires et quitter l’entreprise sur le champ. C’était hyper violent. Elle venait à peine de rentrer d’un congé maternité et elle a fondu en larmes devant moi. Et là, je me suis dit : STOP, être DRH pour moi, ce n’était pas faire le malheur des gens, mais au contraire, les accompagner dans leur carrière et faire émerger ce qu’il y a de meilleur en eux.

Comment es-tu devenue indépendante après avoir connu le « côté obscur de la force » ?

Le soir même, j’en ai discuté avec mon mari et j’ai pris la décision de démissionner. J’ai préparé ma lettre de démission et je l’ai remise à la direction. Comme je m’occupais du plan de formation de l’Entreprise, j’ai décidé de devenir Consultante R.H en freelancing, spécialisée dans la formation.

Heureusement, mon mari m’a soutenu dans mon projet, et il m’a mis en relation avec l’un de ses amis qui est lui-même freelance, (il tient une société de conseil en entreprise) et il m’a apporté mon premier client! J’ai aussi suivi une formation à l’APEC et un stage en gestion à la CCI. Ça m’a beaucoup aidé !

Devenir Freelance, c’est changer de monde : on quitte sa zone de confort, il faut prospecter pour trouver ses clients, s’auto-discipliner, et avoir des routines… C’est un autre style de vie quoi ! Mais je ne regrette rien, car j’ai enfin trouvé un moyen d’exercer mon métier de façon éthique.

 

 

Témoignage de Naïma: « être freelance est la meilleure solution pour mon avenir professionnel! »
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Thomas Paranis

Thomas Paranis

Après 11 ans à la tête de ma propre entreprise de conseil, j’ai décidé pour des raisons personnelles de cesser cette activité et d’avoir recours au Portage salarial. Aujourd’hui je souhaite partager mon expérience et mes connaissances sur cette nouvelle forme d’emploi encore peu connue en France.

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