Graphiste aux États-Unis

Mon expérience de freelance dans un pays étranger

Jeune graphiste, je n’avais eu aucun mal à trouver un poste bien payé au sein d’une grande structure. J’ai pourtant choisi d’être freelance et de goûter à la liberté qu’un tel statut procure. Assoiffée d’aventure et désireuse de me lancer de nouveaux défis, j’ai pris la décision de m’expatrier, plus précisément de m’installer aux États-Unis. S’installer à l’étranger, qui plus est dans un pays anglophone, est déjà de l’audace en soi, mais y aller en étant freelance, certains pourrait qualifier cela de risque ! Et pourtant… au-delà des difficultés de départ auxquels tout expatrié doit faire face lors de son installation, l’expérience est de loin enrichissante et épanouissante.

Des démarches administratives…

S’installer à l’étranger ne se décide pas sur un coup de tête. Il ne suffit pas de boucler ses valises et de prendre l’avion. L’expatriation se prépare méticuleusement pour éviter les déconvenues de dernière minute. Outre les démarches administratives relatives à tout déplacement à l’étranger, j’ai aussi dû m’assurer qu’une fois sur place, je pourrai effectivement travailler. Cette étape de mon aventure outre-Atlantique est la moins fascinante de toutes, mais elle reste néanmoins incontournable. Pour ma part, j’ai commencé par effectuer des recherches sur Internet, consulter des forums et des sites officiels, pour m’assurer qu’avec mon visa, j’avais effectivement l’autorisation de travailler sur le sol américain. Après vérification, je peux faire une demande d’un EAD (Employement Authorization Document), l’équivalent d’un permis de travail. Cette demande est à envoyer au Department of Homeland Security ou le Département de Sécurité intérieur, si vous préférez. Toutes les informations relatives à cette demande sont disponibles sur le site du département.

Une fois le permis de travail en poche, tout devient plus simple. Pendant une année, je suis tranquille, car je peux travailler en toute légalité sur le sol américain. En tant que freelance, je n’ai pas à faire de demande particulière. Aux États-Unis, il n’y a pas à proprement parler de statut spécifique pour les freelances ou independant contractor, comme ils le disent. Ici, le statut s’obtient de facto, lors de payement des impôts. Il m’a fallu attendre le formulaire de remplissage d’impôt pour déclarer que je suis independant contractor ou self employed. Dans certaines villes comme Boston où je me suis installée, il est même possible de travailler comme freelance sous un autre nom que son propre. Ainsi, si je l’avais voulu, j’aurai pu choisir un nom spécifique pour mon activité et cela, sans pour autant avoir à créer une compagnie. Il m’aurait juste fallu déclarer mon affaire auprès de la ville.

En tant que freelance, j’ai également dû relever d’autres défis auxquels la plupart des expatriés n’ont pas eu à se confronter. Il m’a fallu penser à mon espace de travail. En tant que graphiste, je peux travailler de chez moi, mais il me faut d’abord trouver le bon appartement où je pourrais m’aménager un espace de travail bien distinct. Il a aussi fallu que je m’assure de la connexion internet. Pour rencontrer d’autres freelances, je me suis lancée à la recherche d’un espace de coworking.

…beaucoup de démarches administratives !

Une fois les formalités administratives sur mon installation effectuée, je passe à l’étape la plus palpitante de mon aventure… celui de trouver une mission. Certes, je ne suis pas partie sans rien de la France. J’ai pris le soin de garder quelques contrats de mes contacts, mais dans un pays où le coût de la vie n’est pas le même, trouver des missions complémentaires est une obligation. Continuer à travailler pour les entreprises françaises ne pose pas de problèmes particuliers. J’ai juste dû faire des démarches pour éviter la double imposition, c’est-à-dire de payer mes impôts en France et aux États-Unis. J’ai donc dû apporter la preuve que je réside effectivement aux États-Unis et que je ne dois payer mes impôts qu’aux États-Unis.

Me voici donc prête à la chasse aux missions. Avec mes trente ans et mon diplôme en graphisme, je ne dois, à priori, pas avoir de problèmes à décrocher du travail auprès des entreprises américaines qui sont toutes à la pointe de la technologie. Mais encore faut-il que je sache comment et où chercher. Là, il n’y a pas de remède miracle, il faut faire jouer son réseau. LinkedIn est pour ma part l’un des outils qui m’a permis de trouver rapidement une première mission. Avant de pouvoir commencer, j’ai encore dû m’atteler à des tâches administratives. Les entreprises demandent systématiquement le permis de travail avant de vous engager. Par ailleurs, il y a toujours des formulaires à remplir avant de pouvoir travailler. C’est assez contraignant, certes, mais c’est le prix à payer pour toucher du bout du doigt le rêve américain.

Le portage salarial pour palier au trop plein d’administratif

Pour m’émanciper de toutes ces démarches et vivre au mieux mon expérience de freelance sur le territoire américain, j’ai décidé de me tourner vers le portage salarial. Ainsi, je me décharge de toutes les démarches administratives. C’est la société de portage qui les prend en charge, à mon grand soulagement ! J’ai pu ainsi me consacrer sur ce que je maîtrise le mieux… le graphisme.

Comme nous le savons tous, le système de sécurité sociale des États-Unis n’est pas l’un des meilleures. Le portage salarial m’a permis de conserver tous les avantages du système français, tout en étant de l’autre côté de l’Atlantique. En tant que salarié porté, je garde l’indépendance d’un freelance tout en continuant à profiter des privilèges d’un salarié français. Je reste ainsi mon propre chef tout en assurant mes arrières. En cas d’imprévues, je sais que j’ai un point de chute, ce qui est rassurant quand on se trouve à des milliers de kilomètres de sa patrie.

Des contraintes qui en valent la peine

Malgré toutes les démarches administratives que j’ai eu à effectuer pour m’installer en tant que freelance aux États-Unis, je ne regrette en rien ma décision. Je bénéficie de toute la liberté que j’ai toujours rêvée, sans pour autant sacrifier ma carrière professionnelle et tout en gardant assez temps pour ma vie personnelle. Alors si l’expérience en valait la peine ? La réponse est immédiatement oui. Est-ce que je renouvèlerai l’expérience ? Pourquoi pas, pour explorer d’autres pays et d’autres horizons.

 

Pierre DE LA CROIX

Pierre DE LA CROIX

Passionné par le digital, je suis responsable marketing au sein d'un entreprise de portage salarial. Partageons nos connaissances respectives afin de faire avancer cette nouvelle forme de travail prometteuse !

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2 commentaires

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  1. Avatar

    Alexandre

    Super ! Merci pour ce partage d’expérience 🙂
    Je reviens de NYC et je suis tombé amoureux de cette ville. Je suis graphiste en France actuellement et j’ai une terrible envie de goûter la vie américaine au quotidien. En étant freelance, tu as pu travailler pendant 1 an aux USA, et…que se passe-t-il après cette première année ? Il y a moyen de renouveler son VISA ?

    Merci pur tes lumières !

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